![]()
|
| |
Mets Tagh, l’eau ne coule par aucun robinet [Octobre 23, 2006] Les routes sont tellement dévastées que tu aies mal à imaginer qu'elles mènent dans un village avec 1507 habitants. Ce village a 300 ans d'histoire. La route est toute en poussière. Nous aboutissons à l'Administration du village, le chef de l'administration n'est pas là. On dit qu'il est allé à un mariage. Nous le trouvons parmi les invites, il est le tamada. “C'est un devoir qu'il faut accomplir” dit Vladik Daniélian et sort. Nous marchons ensemble vers l'Administration. Son bureau est en entièrement en poussière. Il le nettoie, mais cinq minutes après c'est la même chose. Nous discutons. Sa parole est très éduquée et pathétique. Il dit “Mets Taghar était loin des actions militaires, pourtant nous avons eu 39 victimes”. On pourrait être fiers de ces vies sacrifiées, si les survivants et leurs proches vivaient normalement avec les conditions de vie minimales. Nous sortons. Près de l'entrée on aperçoit une plaque avec l'inscription suivante “ Je suis votre fils, ne m'oubliez pas”. Il a été fait à la mémoire de 286 habitants de Taghlar tombés lors de la Grande Guerre Nationale. Nous entrons au centre du village. C'est l'un de rares villages de la région qui ressemble plus ou moins à une ville, possédant d'un salon de beauté moderne avec de nouveaux appareils, d'une école maternelle. “Il y a 90 enfants auxquels nous donnons une bonne éducation que leurs parents ne puissent probablement leur donner” dit le chef de l'Administration. “Il a également une usine de tapis avec 11 employés. Nous envoyons les tapis sur Erevan”. Au village il a une salle des Fêtes au rez-de-chaussée de laquelle il y a une salle d'informatique pour les jeunes. Un groupe d'écoliers y est occupé d'ordinateurs. La majorité de jeunes passent la journée au centre du village. Pas de travail et ils suivent la circulation des voitures. A 3 kilomètres du village se trouve la Route Dorsale en construction grâce au Fonds Arménien “Hayastan”. Les habitants du village se sont adressés à l'Administration de la région pour que la construction de ces trois kilomètres soit inclue dans le projet, la réponse a été négative.
Partout dans les rues du village on voit des ans et des chevaux charges de bidons d'eau et les enfants et les adultes avec les sceaux d'eau à la main. Tous se dirigent vers l'unique source du village. Zarik Djavakhian âgée de 64 ans s'y rend trois fois par jour avec son an et ses bidons. “ Ce n'est pas une vie “ dit-elle. L'Administration du village tout seul n'y peut rien faire. On a entendu parler que le Fonds Arménien lancera le projet “Renaissance de Hadrout” et ils attendent le Téléthon du novembre. Il y a une rivière très étroite qui coule à travers le village. Quelques habitants labourent de petits morceaux de terre. La plupart de ces jardins ne s'irriguent pas. “Nous attendons des pluies” disent les habitants. Ils ont 690ha de terre, mais un centimètre ne s'irrigue pas. Voilà pourquoi au lieu de la vigne et d'autres plantes, ils ne sèment que du blé, il n'exige pas beaucoup d'eau. D'autres terres situées à 20km du village ne s'irriguent non plus. Il y a plus d'un mois on n'as pas vu de pluie au village. Dans les rues on voit beaucoup de jeunes gens, tous garçons. Hakob a 22 ans, depuis 4 ans il est rentré de la Russie au Karabakh pour faire son service militaire. Maintenant il ne trouve aucune perspective, il projette de partir. Le chef de l'Administration du village dit qu'entre 1988-1998 presque 161 personnes ont quitté le village. Au fil des années récentes le nombre des personnes qui partent a baissé, ils vivent grâce aux sommes que les proches leur envoient. Mher Archakian |
|||||||
|