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Hôpital régional de Hadrout

[October 9, 2006]

Passé

L'épidémiologiste Hamo Babayan (65 ans) est le sous-directeur de l'hôpital région de Hadrout. En 1984 quand on a construit le nouveau bâtiment de l'hôpital, il a occupé le poste du médecin en chef jusqu'en 1994. Lors de la guerre il dirigeait également les services médicaux militaires.

“Je suis originaire de Hadrout. J'ai fait mes études en médecine à Erevan, une fois les études finies, je suis rentré à Hadrout. Après mon retour 41 ans se sont écoulés, j'ai été toujours à Hadrout” dit-t-il.

Lors des Soviets, quand le Karabakh faisait parti de l'Azerbaidjanais à titre d'une région autonome, les personnes de hautes formations avaient de sérieux problèmes. Les autorités azéries n'étaient pas “gentils” avec elles.

“Ils ne nous encourageaient pas, se souvient-t-il, j'ai eu de grandes difficultés à trouver du travail. J'ai préparé tout un dossier sur les maladies de mes parents et la nécessité de soin. Toute une année j'ai travaillé sans formulation”.

Il dit qu'à l'époque l'hôpital avait toutes les conditions: l'eau permanente, système de déshydrations, chauffage central, chaufferie avec du mazout. A ce jour nous n'avons que de l'eau.

Au cours de la guerre le bâtiment de l'hôpital a été bombardé à plusieurs reprises. Pour les raisons de sécurité il a été déplacé dans le sous-sol de l'édifice de l'Administration ou peu de temps après on a créé des conditions pour les opérations, les naissances etc.

“C'était en avril 1992, se souvient H. Babayan. Après le déplacement nous avons commencé à accueillir des blessés, des soldats et la population paisible. Cette situation a continué jusqu'au décembre 1993, ensuite l'hôpital militaire était à part, mais encore longtemps nous accueillissions des blessés”.

Selon lui, cette union était positive pour la qualité des services du système de santé. “Comme en première place était l'armée, en ce cas la population pouvait bénéficier des médicaments”.

Présent

Construit en 1983, ce bâtiment n'a été jamais rénové depuis 23 ans. La guerre a également laissé ses traces. A cause des bombardements le toit a été quelques fois détérioré, sur les murs il y a plusieurs crevasses.

Le médecin en chef Ara Eremanian dit que grâce à l'assistance des organisations internationales de bienfaisance la maternité et le département ambulatoire de l'hôpital ont été rénovés. Pourtant le “destin” de la chirurgie, de la pédiatrie, des maladies infectieuses, de la médecine générale est vague, surtout que les moyens accordés par le Gouvernement du Karabakh ne suffisent qu'aux frais courants.

Cette salle, difficile à nommer salle d'opération, ont fait quand même des interventions. Par rapport aux conditions lors des années de guerre ou on faisait des opérations, cette image d'aujourd'hui est compréhensible. Mais pour une population en paix depuis 12 ans, se faire opérer dans ces contions-la est un danger pour la vie.

Ara Eremian assure que la bonne qualité de services médicaux est conditionnée du professionnalisme et des compétences des médecins. C'est en cas ou il y a le manque des médecins appropriés. Il n'y en a que 11 au lieu de 20. Ce sont des spécialistes de première urgence, médecin général, chirurgien, épidémiologiste, etc.- dit Eremian. En Hadrout nous n'avons pas d'oculistes, des médecins spécialisés en ORL.

“Il y a des groupes de médecin de Stepanakert venant sur Hadrout qui rencontrent les habitants des villages et de Hadrout. Nous arrivons à résoudre certains problèmes, mais c'est une solution temporaire”.

A ce jour, le manque des médecins ne pose pas de gros problèmes, car il y a également le problème des appareils et dispositifs médicaux, de l'état du bâtiment. Une fois la rénovation effectuée, à Hadrout on sera obligé de penser à inviter des spécialistes compétents. Les ministère de Santé de Karabakh et d'Arménie se chargent du problème des spécialistes, cependant avant de les missionner à Hadrout il faudra bien réfléchir aux conditions minimales sociales. Il y a trois ans un médecin est venu à Hadrout de la région arménienne Chirak, pourtant ce n'est que récemment qu'il a reçu un appartement. La direction de l'hôpital pense que lors de la rénovation il faudrait également faire attention au problème de l'hébergement des médecins.

Cet hôpital n'a qu'une ambulance pour la ville et les 37 villages. Certains villages se trouvent à la distance de 30-50km. En plus, les routes secondaires sont en mauvais état, surtout en saisons des pluies elles sont presque impassibles et difficiles à circuler. L'ambulance est parti chez malade, il y a un autre appel, qu'est ce qu'on peut faire? On s'adresse aux habitants avec des voitures.

Il arrive souvent que l'unique ambulance revienne d'un village avec un sujet ayant attrapé une maladie infectieuse. Le sujet doit recevoir un traitement dans l'hôpital, l'unique département de la région. On n'a pas d'alternatif. D'après les spécialistes, il ne faut pas rénover ce bâtiment, car il y a des défauts de construction, pas de sous-sol, les murs sont tout en eau. L'unique solution est la construction d'un nouveau bâtiment.

Avenir

Le point lumineux de l'hôpital est la maternité. En 1999 l'agence internationale du développement états-unienne a réalisé sa rénovation. La chef du département Soussana Pétrossovna revenue à Hadrout en 1990 de Bakou, se souvient de la guerre et des années successives et sourit “Malgré tout on est optimiste”.

En Hadrout, 200 enfants naissent par an, 150 naissent ici, et chaque cri d'un nouveau-né est un espoir pour l'avenir. Les médecins ne peuvent qu'espérer.

“Je travaille depuis 90, jusqu'à ce jour ni dans les villages ni à Hadrout , aucun cas de mort des mères n'a été enregistré. Notre aide arrive à temps” dit Soussana Pétrossovna et au lieu d'être fière, elle regrette que son département soit l'unique point lumineux au sein de l'hôpital.

Tigrane Paskévitchian

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