hetq online
Back


Azokh : Queue pour l’eau est 24h/24h

[October 9, 2006]

Le 14 août, Mariam Doloukhanian (12 ans), les seaux à la main et tout au long de 3 heures faisait la queue au village d'Azokh. Pour Mariam c'était un jour comme les autres. Elle vit à Stepanakert, s'est rendue à Azokh chez ses grands-parents. “Il y avait des jours ou il fallait faire la queue beaucoup plus longtemps. Il y a des personnes âgées qui ne résistent pas sous le soleil. Obligée, je leur cède mon tour. Il y a pas mal de cas ou les vielles dames évanouissent. De temps à autre je ramasse de l'eau pour les voisins aussi, ils sont déjà âgés, ils sont seuls. Je viens pour l'eau dix fois par jours” dit Mariam.

La queue pour l'eau de 3-4 heures est considérée normalement. Tout au long de la journée il y a cette queue qui semble infinie. On dirait qu'elle dure 24h sur 24.

Angela Ohandjanian se rend près de la source à partir du 6 heures du matin pour ramasser de l'eau pour la famille. Elle dit qu'elle apporte de l'eau autant que ses mains et ses jambes lui permettent. “Un jour je m'évanouirai, je tomberai les seaux à la main”.

Méliné Balasanian de 18 ans, va ramasser de l'eau sur l'âne trois fois par jour, elle en ramène 80 litres. A Azokh avoir un âne signifie avoir l'accès à l'eau. Par contre Gulvard Dallakian n'a pas de chance. Elle a 43 ans, elle se souvient toujours dans la queue. “C'est notre destin”.

En été, il y a la sécheresse de 80%. Ceux qui ont des voitures, cheval ou âne, peuvent ramener de l'eau des villages voisins. Ils ne sont pas nombreux. Les autres sont obligés de trouver de l'eau. Une tonne d'eau coûte 1000 drames. Une famille de 4 personnes l'utilisera en deux jours.

En hiver, il y a plus d'eau, mais cela n'encourage pas les habitants. “En hiver les routes sont glacées, il y a pleine de cas ou les gens tombent et se cassent les jambes ou les bras. Le problème de l'eau persiste en hiver ainsi qu'en été” se plaint le professeur de l'histoire Samvel Ohanian.

Faute d'eau, les habitants ne cultive pas de terre. Ils ont des morceaux de terre situés à 5-6km du village et il est difficile de faire tant de kilomètres pour labourer la terre.

Selon Samvel Ohanian, si l'Etat consent des crédits aux habitants, le village pourra développer “Il faut du gage pour avoir des crédits, ce que nous avons ce sont de vielles maisons à demi démolies qui ne servent à rien. A l'époque notre village était connu de la culture de la vigne très profitable. Actuellement nous ne cultivons que du blé”

Azokh a beaucoup de problèmes, mais le primordial est celui de l'eau potable. Professeur de l'école, il est préoccupé également du bâtiment de l'école, des routes, car souvent en hiver les routes sont glacées, les enfants ne peuvent pas venir à l'école. “Ce sont des problèmes que nous ne pouvons pas résoudre nous-mêmes. Les autorités du village eux-mêmes ne pourront pas les résoudre”.

Les autorités du village se soucient de ces problèmes et avouent que rien ne dépend d'eux. Il note que depuis deux ans il est le responsable du village, mais aucun changement n'a eu lieu. “Faute de moyens, de quels changements pourrait-t-il s'agir. Un changement notable est la solution du problème de l'eau qui coûtera 500.000 USD. Avec cette somme on pourrait résoudre le problème de l'eau potable de trois villages de la région, Taghlar, Drakhtik,Azokh. Il y a un projet sur ces trois villages, mais quand on le réalisera, j'ai mal à dire”.

Victoria Abrahamian