![]() ![]() |
|
|
La fondation Tukenfian en Artsakh [Octobre 30, 2006] Aradjamugh, nouveau village de la région de Hadrut, a été construit à l'initiative de la fondation Tufenkian. Les nouveaux venus en occupent maintenant 18 maisons. Les uns sont des réfugiés de l'Azerbaïdjan, d'autres sont venus d'Arménie, d'autres encore sont originaires de différents villages du Nagorno-Karabagh où leurs maisons furent détruites durant la guerre. Les maisons nouvellement construites sont confortables, équipées
d'eau courante chauffée.
Ludmilla et Martik et leurs cinq enfants avaient loué une maison au village d'Azokh. L'année dernière on leur proposa une nouvelle maison à Aradjamugh. Un jour Martik revint chez lui avec les clefs et leur dit : “Allez, on range tout, on part.” Ludmilla est une réfugiée
de Bakou, où sa famille a tout perdu: “Nous étions encore enfants.
J'étais en classe de 8e quand nous avons quitté la maison. C'était
le début du mouvement vers le Karabagh et nous sommes allés à Stepanakert.
Nous avons tout laissé derrière nous ; nous avons pris quelques
vêtements et nous sommes partis. Nous n'avions même pas éteint
les lumières pour faire croire que nous étions toujours là.”
Les habitants d'Aradjamugh disposent de terrains adjacents pour chaque maison. Presque tout le monde a fleuri sa façade et leurs maisons ressemblent à de petites oasis vues de loin. Il y avait beaucoup d'activité chez Nazik: les voisins s'étaient réunis pour terminer les conserves d'hiver.
Sans s'arrêter de travailler, Nazik m'a raconté comment elle s'est
retrouvée à Aradjamugh. Elle a travaillé comme cuisinière
dans une unité militaire du Hadrut: “Je venais de l'Ararat. Ma famille
se trouvait là depuis huit ans. A la fin nous avons obtenu une maison.
Nous avons quatre enfants. Deux d'entre eux sont mariés, les deux autres
vivent avec nous. Je travaille, m'occupe de ma terre et de ma maison. Je suis
très heureuse. J'aime beaucoup cet endroit.” Andranik a aussi construit une petite fontaine dans le jardin: “Nous
avons de l'eau en permanence. Une chaudière Ariston nous procure de l'eau
chaude. Nous avons aussi un terrain et pour la première fois, nous cultivons
la terre – nous venons des villes. Grâce à Dieu, nous allons bien,
en cultivant notre potager: tomates, concombres, aubergines, poivrons. Notre
système d'irrigation est pratique et nous avons de bonnes récoltes.
Regardez tous ces fruits : des grenades, des figues, des groseilles… Avec de
tout on peut faire des conserves, des confitures et les manger avec du pain. L'oasis de KashataghLa fondation Tufenkian envisage de construire une école et une maternelle à Aradjamugh
et, afin de fournir du travail aux habitants du village, va reconstituer cinq
hectares de vignoble l'année prochaine.
Edik Grigoryan, le responsable du projet en viticulture à la fondation
Tufenkian, nous a parlé de ce projet, le seul de ce type au Karabagh.
Ce projet est déjà un succès et pourrait servir de modèle à toutes
les autres organisations qui souhaiteraient œuvrer au Karabagh : «La Fondation
Tufenkian a pris en charge tout le budget de remise en état des vignes
et les travailleurs sont principalement des gens du pays, des membres de la communauté.
Ils sont impliqués dans ce projet en ce sens qu'une fois les vignes remises
en état, l'argent sera rendu et les vignes seront gérées
par la communauté. Les habitants du village n'ont pas les moyens financiers
suffisants et la remise en état exige beaucoup d'argent – il n'y a pas
seulement la remise en état, ils doivent traiter les vignes, les produits
chimiques coûtent cher et les habitants ne sont pas capables de prendre
tout cela en charge. Selon les termes de notre contrat, la fondation couvre les
dépenses de remise en état et une fois qu'elles sont remboursées,
le vignoble sera rendu aux membres de la communauté.»
Garik Matevosyan, responsable administratif du village, nous précise avec fierté: “Urekan compte 170 habitants. 5 naissances ont été enregistrées cette année.” 35 personnes ont un emploi permanent dans les vignes. Urekan a été remis en état en 1995. Garik Matevosyan, élu en 2004, a été décoré de la Croix militaire. Il est aussi instructeur militaire à l'école, qui compte 20 élèves. Le maire nous précise : “La législation du Karabagh n'autorise pas les contrats signés avec les habitants des villages, puisqu'ici les terres n'ont pas été privatisées. Ils devraient remettre ces terres aux gens afin qu'ils se sentent encore plus attachés à ces territoires.”
Les vignes sont irriguées avec l'eau fournie par la fondation Tufenkian. Edik Baghdassarian |
||||||||||
|